Les Archives nationales viennent de lancer un nouveau chantier d’indexation sur leur plateforme collaborative Girophares : celui des procès-verbaux des greffiers des Bâtiments, pour la période 1738-1759.
En effet, les répertoires des greffiers de la chambre des Bâtiments conservent plusieurs milliers de descriptions de procès-verbaux établis par des architectes experts. Ces documents couvrent des situations très variées :
- des constructions à venir,
- des contentieux sur des travaux déjà réalisés,
- des états des biens dressés lors des successions,
- des chantiers de lotissement urbain, tels ceux de la place Louis XV (aujourd’hui place de la Concorde) ou du marché Sainte-Catherine,
- des travaux sur des églises…
On y retrouve également les noms des propriétaires des biens concernés, ainsi que des descriptions de peintures, de sculptures ou de décors intérieurs présents dans les immeubles de l’époque.
Pour les généalogistes, ces procès-verbaux sont donc surtout utiles pour retrouver des ancêtres propriétaires à Paris entre 1738 et 1759, période pour laquelle il n’existe plus d’état civil (ce dernier ayant été détruit lors des incendies de la Commune).
Pour les historiens, ils permettent aussi de retracer l’histoire de nombreux bâtiments situés aujourd’hui à Paris intra-muros et dans l’actuelle petite banlieue : la transformation des bâtiments, les modes de décoration, ainsi que la gestion des différends entre propriétaires voisins.
D’un point de vue pratique, ces documents sont conservés sous forme de minutes, classées par ordre chronologique. Comme pour les actes notariés, il existe donc des répertoires permettant de retrouver un procès-verbal précis, soit à partir de sa date, soit à partir de son objet.
Cependant, cette source très utilisée ne comprend pas de descriptions pour plusieurs décennies du 18e siècle. Le nouveau chantier lancé par les Archives nationales vise donc à combler cette lacune pour les procès-verbaux conservés entre 1738 et 1759.
Pour participer, il faut se rendre sur la page du projet « Au fil des rues de Paris » sur la plateforme Girophares. Aucune compétence particulière n’est requise, et quelques minutes suffisent pour contribuer à la transcription des mentions inscrites dans les répertoires.
Une fois ce travail de transcription achevé, un contrôle sera mené dans les liasses de procès-verbaux encore conservées afin d’identifier précisément les documents disponibles aujourd’hui. La saisie deviendra alors un inventaire consultable depuis la Salle de lecture virtuelle des Archives nationales.
Ce nouveau projet s’ajoute donc aux chantiers d’indexation collaborative entrepris par les Archives nationales au cours des derniers mois, qui ont pour but d’indexer les décrets de naturalisation, les fiches des mineurs et des personnels de la mine, ainsi que les 600 000 Parisiens ayant rendu hommage à l’impératrice Eugénie en 1856.
Par ailleurs, elles ont récemment publié les données de l’indexation des clercs de notaire de Paris (1804-1968) et celles des dispenses pour mariage (1883-1892).
